MajesCast – S01E01 – Rendre Jésus Visible

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Rendre Jésus visible dans l’espace d’une œuvre d’art.

Majestart a choisi pour devise : « Rendre Jésus visible ».
Rendre Jésus visible est l’objectif de chaque chrétien, dans sa vie de disciple.
Le cas de l’artiste chrétien est particulier, dans la mesure où il cherche à remplir doublement cet objectif : d’une part, dans l’espace de sa vie personnelle et, d’autre part, dans l’espace de l’œuvre qu’il crée.
J’introduis volontairement la notion d’« espace » dans ma formulation. Elle me convient pour parler de l’œuvre d’art, dans la mesure où toute œuvre ouvre un espace, qu’il s’agisse d’un espace de temps, pour l’écoute de la musique, d’un espace textuel (littérature), d’un espace visuel (arts plastiques, mais aussi scène théâtrale, ou écrans) ou bien encore d’un espace à occuper (architecture). La notion d’espace est transversale.

Que signifie « rendre Jésus visible » dans l’espace d’une œuvre d’art ?

Telle est la question à laquelle je cherche à répondre.

« Rendre Jésus visible dans l’espace d’une œuvre d’art », cela signifie-t-il que l’œuvre devient alors un espace « sacré » ?
Les œuvres d’art du passé, en particulier les œuvres picturales, ont ouvert, très souvent, un espace « religieux », dans la mesure où, en Europe, elles se référaient à la religion chrétienne, à la Bible, dont elles représentaient des scènes.

Les modernes se sont éloignés du religieux et, à la notion de « religion », ils préfèrent celle de « sacré », plus large, puisqu’elle renvoie à toutes les formes possibles d’entrée en relation avec la « transcendance », des forces qui dépassent l’être humain, ces forces pouvant être occultes.

Par conséquent, la notion d’espace « religieux » n’est plus bien adaptée au temps présent, et celle d’espace « sacré » ne l’est pas vraiment non plus, parce qu’elle est trop ouverte, et parce qu’elle pourrait laisser entendre que l’œuvre elle-même serait « sacrée », devienne un objet de vénération, ce qui équivaut, selon la Bible, à de l’idolâtrie.

Je pose donc à nouveau la question :

Comment est-il possible de « rendre Jésus visible dans l’espace d’une œuvre d’art » ?
L’œuvre d’art peut-elle devenir un espace où se manifestent, par leur apparition, des réalités de nature spirituelle, conformes à la Bible, Parole de Dieu ? De cette manière, ce qui était invisible sortirait de son invisibilité et passerait au visible, par une révélation n’étant pas de l’ordre de « la » Révélation biblique, avec un « R » majuscule, mais relayant cette Révélation de Dieu aux hommes, par exemple son plan de salut, en passant par la personne de l’artiste.

Premier point : avoir une création bien orientée.

Dieu a créé suivant un ordre. Il a fixé des limites, tant à l’univers qu’à l’être humain. On peut parler d’un « ordre créationnel ».
En ce qui concerne la création artistique en général, deux voies sont possibles, qui s’opposent :

1 – Créer en respectant l’ordre créationnel.
Le modèle biblique serait : le Temple de Jérusalem.
Je cite 1 Rois 6, v. 11 à 13 : « La Parole de l’Éternel fut adressée à Salomon en ces mots : cette maison que tu bâtis, si tu marches selon mes prescriptions, si tu

pratiques mes ordonnances, si tu observes et suis mes commandements (…) j’habiterai au milieu des Israélites. »
Pour qu’une œuvre de main d’homme soit habitée par l’Esprit de Dieu, il faut que l’homme obéisse aux commandements divins.

On peut parler d’« art-pour-Dieu » quand il prend racine dans une vie normale de disciple de Jésus-Christ, fidèle dans sa vie personnelle et engagé dans son église locale.

2 – Créer en ne respectant pas les limites données par Dieu.
Le modèle serait alors : la Tour de Babel.
Je cite Genèse 11, v.4 : « Allons ! Bâtissons-nous une ville et une tour dont le sommet touche au ciel et faisons-nous un nom. »
Il apparaît bien que la motivation, ici, relève de deux éléments négatifs :
– L’orgueil : vouloir « toucher au ciel », et « se faire un nom », c’est-à-dire : glorifier l’ego.
– La rivalité avec Dieu : on est dans la volonté de transgression des limites fixées par Dieu.

Deuxième point : rendre Dieu visible.

Partons de l’épître aux Romains 1 : 20 : « Les perfections invisibles de dieu, sa puissance éternelle et sa divinité, se voient depuis la création du monde quand on les considère dans ses ouvrages. »
Ce texte prouve que l’invisible peut être manifesté au travers du visible.

L’« art-pour-Dieu » peut avoir cette fonction-là. Mais un problème se pose alors : que doit-il représenter ?
Est-ce que « rendre Jésus visible » signifie : illustrer l’évangile ?
Est-ce qu’on ne doit être que dans du figuratif, et exclure l’art abstrait ?

Est-ce qu’on ne doit donner que du Beau ?
Ce sont là de vraies questions, auxquelles je réponds en passant d’abord par la citation de 2 Corinthiens1:19:«Car le Fils de Dieu (…)n’a pas été OUI et NON, mais en lui, il n’y a que OUI.» Christ est donc le «Oui» de Dieu / à Dieu. Il a dit Oui au Père, avant même la fondation du monde, et s’est rendu obéissant jusqu’à la mort, sur la croix. De ce verset, je tire le principe de la positivité. Dire OUI à Dieu, à la vie selon Dieu.
Une création relevant de « l’art-pour-Dieu » est orientée par ce OUI. Elle peut, toutefois, passer par : la laideur ; la critique ; le négatif, tout en restant bien orientée.
« L’art-pour-Dieu » n’est pas un art du NON, engagé dans des processus négatifs, de destruction pour la destruction.

Troisième point : une esthétique de la réparation.

Lors d’une journée PRISME, organisée à Paris par Majestart, au collège des Bernardins, le pasteur et théologien Mathieu Giralt a présenté la réflexion de l’artiste japonais chrétien : Makoto Fujimura (auteur de plusieurs ouvrages, en anglais).
Au cœur de sa pensée se trouve une technique traditionnelle, très ancienne, du Japon : le kintsugi. Elle consiste à réparer des récipients en porcelaine cassé avec une soudure en or. Cette pratique peut prendre une valeur symbolique et représenter l’œuvre du Christ, de rédemption, de réparation, de restauration. À partir de là, on voit s’ouvrir une piste : nous vivons dans un monde brisé, dès l’origine, par le Destructeur, qui a cassé la relation de l’homme à Dieu, et fracturé l’homme lui-même, par rapport au projet initial du Créateur. « L’art-pour-Dieu » peut se concevoir comme un art de la réparation.

Pas de formatage ! C’est à chacun de se demander :

Qu’est-ce que cela signifie concrètement pour moi, dans ma pratique ?

L’art est l’expression de la singularité de chacun. Chacun doit faire fructifier son talent, dans la voie qui est la sienne, et en gardant … la bonne orientation, afin de « rendre Jésus visible » !

Jean-Michel BLOCH

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